bootstrap template

Les Maitres Fous

Création 14 octobre 2017 à la BNF François Mitterrand
Ce projet se développe dans le cadre du Centenaire Jean Rouch (2017-2018) en collaboration avec  la Fondation Jean Rouch (Paris).

En 1954, Jean Rouch filmait des immigrés nigériens au Ghana, les Haukas, lors d’une cérémonie de possession, qui ont la particularité d’être « chevauchés » par des figures vivantes du pouvoir colonial en place. « Ces nouveaux génies de la force », que sont le Gouverneur, la conducteur de locomotive, le chef des armées venaient dorénavant remplacer les puissances séculaires. Les Hauka adaptaient ainsi un rituel traditionnel au contexte contemporain, un rituel comme espace du désordre, d’exutoire, de catharsis, à la fois balisé et improvisé, où les corps s’accaparaient pour un temps, la force de ces nouveaux génies. Devant la caméra, des corps anguleux, « carrés », intensément bruts surgirent alors, puissants et bravant les interdits à l’image de leurs nouveaux modèles…


Quelles sont les figures contemporaines qui nous possèdent aujourd’hui, dans notre société actuelle ? Quelle serait, sur le modèle des Haukas, notre cérémonie de possession contemporaine ?


C’est à partir ces interrogations que la cie Dodescaden propose Les Maitres Fous, une performance qui se déploie dans un espace commun avec les spectateurs. En inventant leur propre rituel, trois interprètes, un vidéaste anthropologue, un plasticien sonore, une sentinelle laissent surgir leurs figures, leurs maitres fous, sortes d’agrégats monstrueux contemporains …. 

Proposition : Jeremy Demesmaeker & Laurence Maillot

Conception : Jeremy Demesmaeker

Sur le plateau : 

    - interprètes  : Laurence Maillot, Nathalie Masseglia, Michaël Allibert,

    - Sentinelle : Jeremy Demesmaeker

    - Artiste sonore : Allister Sinclair

    - Anthropologue - vidéaste  : Baptiste Buob

    - Régisseur Vidéo : Manuel Buttner

Lumière et construction scénographique : Raphaël Maulny


Durée : 1h20


Création le 14 octobre 2017 à la BNF François Mitterand - Paris



Résidence :

-> Entre-Pont (Nice) Oct 2017

-> Le Theatre du Merlan (Marseille) déc 2017

-> Scene44. n + n Corsino (Marseille) Fev 2017

-> Montévidéo - Créations Contemporaines Avril 2017

-> Entre-Pont (Nice) juil 2017

-> CDC Les Hivernales (Avignon) Oct 2017


Diffusion :

09 octobre : Avant première : Parcours de l’Art - Avignon

14 octobre 2017 : BNF François Mitterrand – Paris

10 novembre 2017 : Forum Jacques Prévert – Carros (06)

29-30 novembre 2017 : Université Paris Nanterre – LESC - CNRS 7-

9 décembre 2017 : Vieille Charité – Marseille – Centre Norbert Elias / IDEMEC 


Ciné-chantier du Lesc : 5 avril 2017


Production : Mali Kadi /// Coproduction : Ville de Valbonne, Scene44. n + n Corsino


Production : Mali Kadi – Cie Dodescaden Co production : Scene44. n+n Corsino ; Ville de Valbonne Partenaires : Fondation Jean Rouch, Centenaire Jean Rouch, LESC (Laboratoire de Sociologie et d’Ethnologie Comparative)- UMR 7186 à Paris-Nanterre, l’IDEMEC (Institut d’Ethnologie Méditerranéenne, Européenne et Comparative) – UMR 7307- AMU (Aix Marseille Université), le Centre Norbert Elias (UMR 8562-EHESS – CNRS) – Marseille, la Nouvelle Cinémathèque (CND), les Films de la Pléiade. Soutiens financiers : la Ville de Marseille, Le Conseil Général des Bouches du Rhône, l’ADAMI.  Accueil studio : l’Entre-Pont (06), Scene44. n+n Corsino, Montevideo – Créations Contemporaines – Atelier de Fabrique Artistique (Marseille), Le théâtre du Merlan, Le CDC les Hivernales, le Centre National de la Danse - Pantin - la Nouvelle Cinémathèque. 

On en a parle...

"La compagnie Dodescaden propose un spectacle vivant d'une grande intensité dramaturgique...

Ils éreintent le monde contemporain et ses conventions avec leurs corps et ses étranges postures, bousillent ses misérables cérémonies profanes déversés continument par flots d'images sur nos écrans. Va et vient vertigineux où le corps se montre dans toutes ses possibilités d’aliénations : politique, libidineuse, dans la banalité du quotidien..

Une gageure et une réussite qui marquera sans doute les célébrations autour du centenaire de Jean Rouch..." Marc Rochette - Revue Camera - juin 2017

OBJET FILMIQUE
En échos à la démarche et à l’œuvre de Jean Rouch, Baptiste Buob, anthropologue-cinéaste, traverse et filme cette séquence chorégraphique (ainsi que toutes les étapes de la création). A l’issue de la perfomance, une carte blanche est donnée à ce chercheur pour partager avec les spectateurs son regard filmique et son analyse anthropologique de ces recherches chorégraphiques.

Jean Rouch montre dans son documentaire les Maitres Fous, des hommes migrants nigériens dans la banlieue d’Accra au Ghana possédés par les figures du pouvoir colonial en place que sont le Gouverneur, le chef des armées, le conducteur de locomotive… Par ce film, il pose un regard critique sur la société contemporaine africaine en plein bouleversement où s’engagent des corps bruts incarnant ces figures politiques.

Trouvant des analogies avec notre recherche sur le corps dans l’espace chorégraphique, et dans l’étude sur notre corps sociétal au sein de la cie Dodescaden, nous avons tout de suite poser ces questions comme début de recherche à ce travail : sur ce principe de regard de société qui engage le corps, quelle serait notre cérémonie de possession contemporaine ? Que pouvait nous offrir le cadre du rituel dans la lecture de notre société ? Comment s’approprier et créer son propre rituel intime ? Quelles seraient nos nouvelles figures de pouvoir dans notre société actuelle ?...

Nous nous sommes très vite rendu compte de la porosité des processus entre l’espace chorégraphique et l’espace rituel, dans ce qui se met en place pour faire surgir un état, (une possession, une transe), pour faire venir un être possesseur, faire surgir des figures, dans des cadres, certes balisés, mais dans lesquels l’improvisation a toute sa place.


Nous avons découvert également que de nombreuses cérémonies se créent chaque jour dans le monde et ce, même dans des communautés qui n’ont pas de tradition de possession, pour faire face au désordre du monde. Chacun se l’approprie à sa manière, selon sa nécessité. Cette thématique devenait ainsi très contemporaine.

Plonger dans les Maitres Fous, c’est aussi découvrir l’univers de Jean Rouch, son amour pour l’Afrique, ses prises de positions, ses témoignages filmiques, ce qu’il a apporté au cinéma, le cinéma vérité, la caméra à l’épaule, ses plans séquences (Tourou et Biti), le tourné monté, le rôle que peut prendre la caméra au sein de ces cérémonies, le son synchrone, la notion de ciné transe, ses commentaires improvisés lors de projection de ses films, l’influence qu’il a pu avoir sur des cinéastes de La Nouvelle Vague, en passant par Grotowsky, Jean Genet, Peter Brook…


Pénétrer dans les Maitres Fous c’est entrer dans un univers complexe, qui permet, à défaut de comprendre, d’ouvrir des fenêtres de questionnement sur l’Homme, encore et encore…"


                            Jeremy Demesmaeker & Laurence Maillot


Retrouvez toute l'actualité des Maitres Fous 

Actualités et Diffusion

Newsletter

Inscrivez vous à notre Newsletter