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Dodescaden

Jeremy Demesmaeker & Laurence Maillot

« Si les gens sortent de mon film avec une idée en plus alors je considère que mon film est réussi » Ettore Scola

Depuis 2012, les recherches artistiques de la compagnie Dodescaden, dirigée par Laurence Maillot & Jeremy Demesmaeker, s’articulent et se regroupent autour de cette question fondatrice : dans quel état se trouve le corps aujourd’hui et pour quelle société ? 
Ainsi, Rues Intérieures de 2012 à 2014, part d’une réflexion sur l’état précaire, un état d’instabilité symptomatique de notre société contemporaine ; Karoshi – Animal Laborans (2015- 2016) suggérait de réfléchir sur notre rapport (idéologique) au travail à travers les notions d’épuisement, de conditionnement et de résistance ; la première étape de Les Maitres Fous 2017 s’appropriait des figures emblématiques incarnant le pouvoir dans notre société contemporaine en les plongeant dans des états de dépassement cathartiques.
L’identité et les orientations artistiques de Laurence Maillot & Jeremy Demesmaeker sont à considérer dans un processus de création reposant sur une intrication de modes de pensée érudits et performatifs : le savoir et la connaissance – acquis au gré de lectures, de rencontres et de visionnages – orientent et, en même temps, se nourrissent d’actes d’improvisation, procédant d’un engagement total des corps. Chaque création de la compagnie recourt à des hybridations artistiques et convie des chercheurs à participer aux réflexions afin non seulement de nourrir la thématique choisie et le processus de création, mais aussi de questionner leurs habitudes et leurs certitudes. 
Ainsi, depuis Rues Intérieures, la cie Dodescaden affirme un processus de création transversal en conviant philosophes, anthropologues, sociologues, artistes. Avec le projet Les Maitres Fous 2017, qui puise son inspiration dans le rituel, Laurence Maillot et Jeremy Demesmaeker ont pu rassembler à l’intérieur même de la proposition artistique, un procédé performatif par lequel sont questionnées et mises en jeu les notions de Recherche, de Création et de Processus. 

L’écriture des corps au plateau se définit par des états et parcours performatifs construits à la fois par l’improvisation, l’écriture spontanée et le dépassement et ce, toujours en lien étroit avec le propos. Ces corps se construisent et évoluent à l’intérieur de dispositifs - environnements scénographiques - plastiques forts, qui se présentent dans l’espace frontal du théâtre (Rues Intérieures, Karoshi- Animal Laborans), dans des « non lieu » commun avec les spectateurs (Maitres Fous 2017). Jeremy Demesmaeker et Laurence Maillot croisent et sollicitent sur le plateau l’engagement d’acteurs-interprètes (danseurs, comédiens), de plasticiens (sonore et multimédia), de chercheurs (anthropologues, philospophes, sociologues…).



Dossier artistique

Laurence MAILLOT

Direction artistique croisée , chorégraphe et danseuse.

   

En parallèle des créations comme danseuse et chorégraphe au sein de la compagnie Dodescaden depuis 2009, Laurence Maillot développe un travail d’étude et de recherche autour des notions de Corps – Corporéité – Corporalité - Inconscient . Après une maitrise de biochimie, elle reprend ses études universitaires en section psychologie et suit une formation en psychanalyse au sein de l’ « École de la cause Freudienne » à Marseille. Associant pratique et pensée, et forte de rencontres déterminantes que sont Julie Stanzak (Pina Bausch), Julyen Hamilton (en composition instantanée), German Jauregui en partnering (danseur Wim Van De Keybus), Véronique Larcher (anatomie, analyse du mouvement, et danse contemporaine), Nathalie Pubelier (danse contemporaine), Laurence Maillot développe des outils autour de l’improvisation, de la construction corporelle et la composition chorégraphique. Ces recherches viennent nourrir le travail de la Compagnie Dodescaden. Parallèlement, elle développe des ateliers chorégraphiques avec des groupes d’enfants, d’adolescents et d’adultes dans lesquels, elle développe ses techniques et ses recherches. La visibilité de ses ateliers lors des Rencontres de la Fédération Française de Danse donne régulièrement lieu à une reconnaissance de la part du jury (Mention spéciale pour la prise de risque en 2017, Médaille d’argent et prix spécial du jury en 2016, Médaille d’or et prix spécial du jury en 2015…) 

 


Jeremy DEMESMAEKER

Direction artistique croisée, conception, danseur, musicien.

   

Partant d’une double formation de musicien (saxophoniste (entre autres au Conservatoire de Jazz Marseille, et comme percussionniste au Ballet National du Mali - Bamako) et théâtrale (BAC Théâtre, Conservatoire de théâtre à Marseille) dès l’âge de 13 ans, Jeremy Demesmaeker se plonge tout à la fois dans l’œuvre de Coltrane, le jazz, Beckett, Artaud, Grotowsky, Michaux et la musique mandingue et traditionnelle. Il développe d’abord de 1997 à 2012, un parcours de musicien professionnel comme interprète, compositeur, arrangeur, réalisateur. Ses expériences multiples lui font traverser de nouveaux modes et styles musicaux, la vie en tournée (jusqu’à 60 concerts par an avec Watcha Clan et Rona Hartner) dans les grandes salles et festivals en France et à l’étranger, ou encore les enregistrements en studio comme interprète et réalisateur. En 2006, il associe les techniques de musique improvisée à la création spontanée pour des performance en duo et solo ; Dès 1997, il se spécialise également d’une part, dans l’accompagnement la danse (contemporaine et africaine / Preljocaj, Norma Claire, CafeDanse, Studio du Cours etc..) et d’autres parts, dans la MAO (Musique et composition par ordinateur). A partir de 2004, il crée Dodescaden et initie un travail qui part du désir d’ouvrir à une transversalité des langages et ainsi d’associer les multiples facettes de son parcours. Après quelques essais formels, c’est à partir de 2007, tout en s’initiant à la danse contemporaine, que l’espace chorégraphique se présente alors à lui comme un lieu propice à la porosité des médiums et un véritable espace de réflexion artistique. En 2009, Dodescaden devient une compagnie chorégraphique qu’ill co-dirige avec Laurence Maillot. Au fur et à mesure des créations de la cie Dodescaden, ils mettent en place un dispositif transversal qui convie des chercheurs à venir nourrir et questionner leurs recherches. Par ailleurs, il danse et compose de 2013 à 2015 pour la Cie Post Scriptum.

Nathalie MASSEGLIA

Danseuse, Clown, Karoshi/ Les Maitres Fous / regard extérieur Rues Intérieures


A 19 ans, elle rentre dans la Cie Tête à Texte et joue Quai Ouest de Koltès, Les Plaideurs de Racine. Elle devient comédienne marionnettiste dans la Cie du Théâtre Chou (théâtre jeune public). Après l’obtention d’une maîtrise d’histoire, elle devient enseignante. C’est avec la Cie Vis Fabula qu’elle se professionnalise et joue dans Orgasme adulte échappé du zoo de Dario Fo et Franca Rame, Les Caprices de Marianne de Musset. Dans Le Temps et la Chambre de Botho Strauss, co-produite par le Théâtre National de Nice, elle interprète le rôle titre. Elle découvre la Cie de l’Arpette en participant à la mise en scène des Frères Allures. Et co-écrit avec Olivier Debos Rose et Bonbon. Depuis, l'histoire continue et ne s'arrête plus. Son personnage – MAZARINE – naît dans Nez pas gourmand qui veut et évolue dans Les Venteux.En 2008, elle met en scène Arlequin valet de l'amour, une création dans la pure tradition italienne du masque. Ne dit-on d’ailleurs pas que « le nez de clown est le plus petit masque »... Elle intègre Trucmuche Cie en 2009 pour le spectacle Le Bal des Perdus, Office du Tourisme. Elle participe aussi au décalé Téléglou (vignettes vidéo de Laurent Barcelo) et chante pour le groupe 309 et des Poufettes (album sorti en 2009 « La Blounite»).


Michaël ALLIBERT

Danseur / Les Maitres Fous,  regard extérieur / Rues Intérieures / Karoshi


D’abord formé en théâtre par Robert Condamin et Jacqueline Scalabrini (anciens élèves et compagnons de Jean Dasté), il aborde toutes les techniques du théâtre classique et contemporain, la danse vient plus tard, au départ, simplement pour améliorer sa conscience du corps. Il rencontre Marie-Christine Dal Farra avec qui il engagera un travail privilégié de plusieurs années. Il se lasse du théâtre, de ses codes, de son excès de discours et se consacre exclusivement à la danse en faisant de nombreux stages avec plusieurs chorégraphes puis une boucle est bouclée en rencontrant Jackie et Denis Taffanel avec lesquels il renouera avec la voix. En 2007, il crée son propre groupe, Trucmuche Compagnie et développe un travail transgenre de création contemporaine, entre danse, théâtre et masque. La compagnie est constituée de danseurs, de comédiens, de musiciens et cherche une articulation commune à ses différentes pratiques pour dire au plus juste, pour explorer « la bancalitude du monde ». Depuis 1999, il travaille pour plusieurs compagnies comme danseur, comédien, clown, manipulateur de marionnettes, assistant chorégraphe (Cie Les Rats Clandestins, Cie Reveïda, Cie Hanna R, Cie de L’Arpette, Divine Quincaillerie ou La Zouze – Cie Christophe Haleb) un peu partout en France et à l’étranger, jouant tout aussi bien dans des salles des fêtes, la rue ou des Centres Nationaux. Depuis 2011, il est artiste résident à L'L, lieu de recherche et d'accompagnement à la jeune création à Bruxelles. En 2012, la Sacd et le festival IN d’Avignon lui passe un commande dans le cadre des Sujets à Vif.

Allister  SINCLAIR

Plasticien sonore / Karoshi/ Les Maitres Fous


Né en 1989, il fait ses études à l’École Nationale Supérieure des Arts de Paris-Cergy où il consacrera une grande partie de son temps à la programmation en vue de produire des systèmes de musique générative et des installations interactives, qui l'inspireront par ailleurs dans des créations musicales plus conventionnelles. Il participe en 2012 à des « concerts sans public », avec les collectifs Ultra Local, ou il aura l'occasion de jouer sur un rond-point, une porcherie désaffectée et un pont routier. Il obtient le Diplôme National Supérieur d’expression Plastique en 2013 en présentant notamment Interprétation négative, un concert de piano de courte durée avec une particularité : la pianiste, en actionnant les touches ne fait pas sonner les notes correspondantes, mais au contraire les met en sourdine alors que toutes autres notes du clavier elles, sonnent en continu. Il a sorti cette année l'album Street fight on Mars chez Linge records, un label musical décalé et un collectif d'artistes. Il poursuit depuis une réflexion autour des notions de production et de consommation de musique, en détournant des techniques établies de musique électronique pour introduire par exemple des probabilités d’erreur, ce qu’il appelle “maladresse automatique”, notamment sur sa dernière pièce Midiocre, un Jukebox intégrant un programme qui interprète des fichiers MIDI de plus en plus “mal” au cours d’une soirée. Il travaille en ce moment sur le Concervatron, un meuble hifi composant automatiquement de la musique selon des critères de valeurs arbitraires comme barbare – civilisé.

 


Baptiste BUOB

Chercheur Cinéatse- vidéaste anthropologue / Les Maitres Fous


Baptiste Buob a été recruté au CNRS en 2010. Formé à la fois à l’anthropologie et au cinéma, il mène le plus souvent ses recherches caméra au poing et utilise le film comme mode de publication en parallèle de l’écrit. Par ses recherches et ses enseignements, il œuvre à la promotion d’une pleine intégration des usages de la caméra à l’enquête ethnographique. Accompagné de quatre films, l’ouvrage La dinanderie de Fès, version remaniée de son doctorat, est un exemple des possibilités d’une alliance de ces différents registres d’accès au savoir. Il utilise une approche comparable dans le cadre d’une enquête ethnofilmée sur les questions d’apprentissage et de transmission dans les métiers de la lutherie vosgienne.

        Au Maroc, dans le prolongement de son doctorat sur les techniques artisanales, il s’intéresse actuellement au devenir immédiat des articles artisanaux par le biais de leur commercialisation. Il s’agit alors de questionner le processus de valorisation qui s’opère lors de la transaction commerciale et plus généralement de poser les bases d’une anthropologie de l’économie touristique. Dans un tout autre domaine, il débute une recherche sur les sports extrêmes et se propose d’effectuer l’ethnographie des pratiques de chute libre.

        Associant réalisations audiovisuelles et écrits scientifiques, le travail de Baptiste Buob concerne tout autant l’étude de l’homme que les façons de le présenter par l’image.


Matthias YOUCHENKO

Philosophe - Rues Intérieures/Karoshi


« Ce que signifie ici être philosophe, ce n'est pas prétendre penser de loin ou apporter des théories toutes faites mais au contraire remettre des idées au contact de situations afin de voir ce qui passe dans les idées comme dans les situations. C'est donc dans une même perspective qu'il peut entrevoir le métier de professeur de philosophie en lycée, les conférences dans les théâtres, les interventions au sein de CCN (centres chorégraphiques nationaux), ou les multiples collaborations avec différentes personnes (artistes, collectifs, compagnies de danse et de théâtre de rue, médecins...). Son thème de prédilection ? Cela même ! Chercher à travailler avec d'autres le spécifique et le commun de chacun et de chaque art afin de réfléchir, tisser et de parcourir, en pensée du moins pour commencer, l'ensemble des relations qui pourraient composer différents modes du sentir et du vivre ensemble, tout à la fois singulier et pluriel ».

 


Clément GOGUILLOT

Création lumière, régie générale  - Rues Intérieures


Clément porte plusieurs casquettes dans le monde du spectacle : formé dés son enfance aux arts du cirque et surtout au clown, Clément s'oriente vers le théâtre. Puis sans quitter la scène, il se tourne vers la lumière de spectacle (la Zampa, Cie Gaara avec Opyio Okach et Julyen Hamilton...) et la régie générale pour notamment le festival les Nuits Carolines, le festival Africa fête. C'est en faisant de la lumière à "la Baleine qui dit vague" qu'il découvre le conte. Il se forme alors auprès de Laurent Daycard et Jihad Darwiche, qui lui enseignent la simplicité et la précision du mot ainsi que le plaisir de l'improvisation. Depuis il oscille entre ses spectacles contés qu’il tourne régulièrement et les interventions comme régisseur lumière et générale.

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